LE PETIT PATRIMOINE

Le petit patrimoine à découvrir au hasard d'une promenade 

 

La croix du Mez de la Madeleine

 

 

 

 

 

 

 

Les puits

En France en 1930, 23% des communes sont équipées d'une distribution d'eau à domicile. En 1945, 30% des communes sont reliées aux châteaux d'eau. Il faudra attendre les années 60 et suivantes, pour que la majorité des foyers soient équipés d'eau courante. Ces puits, hier indispensables, ont été murés et gardés comme un témoignage de leur utilité au cours des années passées.

 

 

       

      

 

 

 

Autre témoignage du passé : Les lavoirs

 

En France, les épidémies de choléra, de variole et de typhoïde incitent le Parlement à voter la loi du 3 février 1851 qui accorde un crédit spécial pour subventionner à hauteur de 30 % la construction de lavoirs fermés.

 

 

 

 

 

Rue des acacias

 

 

La toiture a été refaite pour mettre ce lavoir à l'abri des dégradations. 

 

   

 

Place Marcel Longuet (1902 - 1995), cet ancien lavoir est désormais une salle des fêtes.

La pompe à eau, située à l'arrière du bâtiment, a été mise en valeur par les employés municipaux de la commune. Dans cette salle, la charpente a été également réalisée par les employés de la commune.

 

 

 Extrait de la monographie de Mr Foucault en décembre 1888 (AD 30Z354). Monsieur Foucault sera instituteur

 

 

Extrait des registres communaux : Pourquoi le panneau « la laiterie ».

 

 

 « L'an mil neuf cent neuf, le premier juin, à 7 heures ½ du soir, le conseil municipal de Sainte Colombe s'est réuni à la mairie, sous la présidence de M. Foucault, adjoint au Maire, en l'absence du maire empêché.

Etaient présents : M.M. Foucault, adjoint, Barrot - Berger - Caillot - Barbette - Marniau - Mignot - Verdier - Vion - Rouet. Absents : M.M. Logre ? Maire et Pietrement, excusés. Secrétaire élu : M. Rouet

La séance étant ouverte, M. le Président expose que par lettre en date du 12 mai dernier, M. le sous-préfet de Provins invite le conseil municipal de Sainte Colombe à donner son avis sur l'établissement d'une laiterie et d'une porcherie dans la commune, au hameau de Septveilles le Bas.

M. le Président donne lecture du registre d'enquête et des observations diverses présentées par des habitants au sujet de l'établissement projeté. Après avoir pris connaissance de ces pièces et en avoir délibéré, le conseil municipal décide, en ce qui concerne la laiterie, de donner un avis favorable à ce projet sous les réserves suivantes :

Un puits devra être établi par le pétitionnaire de façon à pouvoir absorber immédiatement et totalement toutes les eaux résiduaires de la laiterie, de façon qu'il n'en soit déversé aucune portion soit directement soit indirectement dans le canal. Le fond de ce puits devra se trouver à plusieurs mètres au-dessous du lit du canal et les dimensions devront être calculées de façon à assurer l'absorption totale des eaux. Ce puits devra être établi à une distance de dix à quinze mètres environ à l'est de la sente du canal, dans la partie de la propriété de M. Charles attenant à la laiterie.

En ce qui concerne la porcherie, le conseil déclare s'opposer à ce qu'elle soit construite à l'endroit indiqué sur le plan et invite par conséquent le pétitionnaire à présenter s'il le juge utile un nouveau projet qui prévoie un éloignement suffisant des habitations du village.

Fait à Sainte Colombe les dits jour, mois et an. »

 

 

 

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Histoire des moulins de Sainte Colombe :

 

La Voulzie qui serpente sur 25 km de l'Echelle à Saint Sauveur les Bray est un affluent de la Seine plutôt paisible, ses eaux,  avec celles du Durteint et du Dragon, ont servi à alimenter en eau potable la ville de Paris.  

Extrait des registres de la commune de Sainte Colombe :

Le moulin à eau va se répandre dans toute l'Europe, du 11ème au 13ème siècle.

Sur la Voulzie 23 moulins ont existé depuis l'Echelle jusqu'à Saint Sauveur les Bray dont 5 moulins à farine en 1829 à Sainte Colombe.

  • Le moulin de Beaujard
  • Le moulin des Bruyères
  • Le moulin de Septveilles ou moulin Brulé
  • Le moulin de l'Isle ou moulin du petit district
  • Le moulin de pont Benoist

 

 

 

LES MOULINS DE SAINTE-COLOMBE

 

De quand datent les moulins ? Voilà une question à laquelle il est hasardeux de répondre ! Les Moulins sur la Voulzie et plus généralement sur les cours d’eau de Seine et Marne, constituent un des rouages les plus anciens de l’exploitation des ressources vivrières et leur implantation est liée à l’importance de la culture du blé, fort ancienne en pays briard ; l’abondance des cours d’eau et leur régularité ont sans doute favorisé la construction  de moulins depuis longtemps.

 

Les éditions Amatteis reproduisent une brochure : « essais historiques statistiques sur le département de Seine et Marne » publiée chez Michelin en 1829, où il est fait mention des cinq moulins de Sainte-Colombe alimentés par la Voulzie.

 

Localement, le document officiel où apparaissent les moulins sur la commune de Sainte-Colombe est le relevé du cadastre de 1839 dont on peut voir une reproduction dans la revue n°167 de la SHAAP, page 57, dans l’excellent article de G. Cochet qui précise : « cinq moulins étaient en activité sur la Voulzie à Sainte Colombe vers 1830 : le moulin de Beaujard, le moulin des Bruyères, le moulin de Septveilles, le moulin de l’Isle, le moulin de Pont-Benoist. Ils furent tous reconvertis en établissements industriels durant le XXe siècle. »

 

A  la mairie, il n’existe pas de cadastre antérieur ; mais les moulins existaient depuis longtemps ; il est évident que ces constructions souvent rudimentaires, charpentées de bois, les pieds rongés par l’humidité, étaient souvent victimes d’incendie et s’usaient vite ; ayant une utilité pérenne, elles étaient inlassablement reconstruites.

 

Le XXe siècle marque la mutation des moulins ; Beaujard n’existe plus. Le moulin des Bruyères a longtemps été exploité par la famille Piètrement (lointains parents de ceux qui avaient vendu Pont-Benoist en 1940) qui contient la meunerie puis, au milieu du siècle, produit des farines pour le bétail. Le directeur le plus connu fut M. Griveaux, ancien maire de la commune. Le moulin de Septveilles, qui avait abrité  la célèbre tuilerie Lombard (voir l’article de Guy Cochet dans la revue de la SHAAP), a hébergé la SOFPIA (production de furfurol) avant de connaitre l’éclipse ; sur le site, la mairie a édifié un lotissement. Le moulin de l’Isle, après avoir été une scierie, a abrité les Ets Chandon qui fabriquaient des pièces en bakélite puis des conditionnements pour des grandes marques de cosmétique à base de matière plastique, avant d’être concurrencés par  l’étranger ; abandonné par les héritiers, le moulin est tombé en ruine. Le moulin de Pont-Benoist a cessé la meunerie en 1939 pour commencer une nouvelle vie, la fabrication de produits cosmétiques instaurée par M. Phély, Ingénieur chimiste, puis fabrication de spécialités vétérinaires ; l’activité s’est arrêtée dans les années 1960.

 

Tous ces moulins qui ont accompagné notre enfance par le chant de leurs déversoirs, sont devenus muets ; sont-ils endormis pour toujours ? On pourrait imaginer leur réveil, lié la recherche d’une production d’électricité de proximité, pas très coûteuse, avec une matière première quasiment inépuisable, constante… Alors quelqu’un continuerait d’écrire cette histoire !

 

 

 

Le Moulin des Bruyères

 

 

Le moulin des Bruyères, appelé également moulin de Sainte Colombe en raison de sa proximité avec le centre historique du village (église, mairie, école), est décrit sur les monographie communale de M. Foucault (archives départementales de Seine et Marne) :

 

 

 

Jean Baptiste Huché fut le dernier maire de la commune de Sainte Colombe élu au suffrage nominatif (directement par les électeurs) de 1870 à 1873. Il est né le 16 juin 1815 à St Augustin près de Coulommiers et habita le moulin de Sainte Colombe sur la Voulzie plus de 40 ans. Etabli boulanger puis meunier, il décède à l'âge de 86 ans le 5 octobre 1901.

 

 

Vues de la route Provins/Bray et du coté de la Voulzie

 

 

 

 

 

 

Il figure sur les cadastres de 1811, 1842, 1877

En 1820 : son propriétaire est M. Jeancourt.

  • En 1858 : Lors de la vente sur licitation à M. Jean Baptiste Huché, la description du moulin est la suivante (source la feuille de Provins) :

Un bâtiment couvert en ardoises renfermant 2 paires de meules tournant  virant et travaillant, mus par les eaux de la Voulzie. Au nord de ce bâtiment, l'habitation du meunier comprenant une cuisine, une salle à manger, une chambre à coucher et cabinet (d'aisance ou de toilette ?). Au midi du premier bâtiment, un fournil et un cellier. Au nord et au retour du moulin un grand bâtiment servant de grange et écurie. Une cours devant les bâtiments sur plus d'un hectare de terrain, un chemin conduisant du moulin à la route de Provins à Bray.

  • En 1861 : propriétaire et exploitant : M. Huché Benoist. On note sur certains documents 4 paires de meules et 8 ouvriers. (source l'almanach de Donnemarie-Dontilly)
  • Le 5 octobre 1901 : au décès de M. J.B. Huché. son gendre, M. Derson fit le commerce de grains pendant plus de 40 ans.
  • Vers 1931 (source le Briard), les établissements Briard qui travaillent à la transformation des céréales en farine pour l'alimentation et l'industrie s'installent au moulin des Bruyères. Ils emploient 70 personnes en 1943. Un incendie est mentionné dans l'opinion en 1946.
  • En 1957 : Le moulin estvendu à la SARL Piètrement. Les directeurs sont les frères Griveau. M. Jacques Griveau sera maire de Ste Colombe de 1971 à 1989.
  • 2000 : le propriétaire, après transformations pour répondre aux normes, est Continental nutrition, spécialisé dans les alimentspour chiens et chats. Son siège social est à Boulogne et son principal actionnaire en 2014 est Alandia. En 2013, la société recentre son activité sur les aliments humides et cède sa branche « aliments secs ».

 

 

 

Moulin de Pont-Benoist

 

 

Appelé aussi moulin neuf, il est le dernier construit sur la commune et ne figure que sur le cadastre de 1877. Pont-Benoist était un fief que les seigneurs de Sainte Colombe avait annexé à leurs terres, au même titre que Septveilles. Pont-Benoist relevait de Combes, fief de l'abbaye de Jouy (Chenoise).

 

 

 

Construit par Monsieur Constant Bahin, vers 1842, date à laquelle a été dressé le plan du moulin.

  • En 1861 : il est décrit avec deux paires de meules de 2 mètres. Le propriétaire est Monsieur Debias, capitaine aux carabiniers, qui loue le moulin à Monsieur Bonnemin ; sur certains documents, on trouve 3 paires de meules et 6 ouvriers.

Nota : dans l'ancien cimetière de Ste Colombe nous trouvons une sépulture Concession 21, 22, 23, Debias Paul,  Chevalier de la Légion d'Honneur Marié à Victoire Bahin  (1806-1865)

 

 

  • En 1888 : Monsieur Foucault le définissait de la manière suivante :

 

 

  • 15-4-1916 : Décès de Emile Piétementancien meunier,ancien adjoint au maire de Provins décédé dans sa 74èmeannée au domicile de ses enfants au moulin de Pont Benoist.
  • 1928 : le propriétaire est Monsieur Paul Piètrement. Le meunier est Robert Louis Gauthier, son gendre.
  • Juin 1940 : M Henri Phely, ingénieur chimiste, rachète le moulin.

Lorsque les lieux furent remis en état, il y exerça une activité industrielle de fabrication de produits cosmétiques divers ; il a travaillé pour plusieurs grandes maisons (parfumeurs, cosméticiens) et aussi en son nom propre. Plusieurs années après la guerre, il a diversifié ses activités (produits de soins pour les animaux - atelier de zingage/duclanisation - fabrication de dentifrice et de crèmes aux essences végétales), toutes activités utilisant l'électricité d'origine hydraulique provenant du barrage sur la Voulzie.

 

Les descendants de M. Phély sont toujours propriétaire du site.

 

 

 

 

Le moulin de l'Isle ou petit district

 

Cette magnifique bâtisse est aujourd'hui une friche industrielle en attente d'un projet qui lui redonne vie et éclat. En longeant les rives de la Voulzie sa silhouette majestueuse nous rappelle le passé remarquable qui fut le sien et que M. Foucault dans ses monographie n'a pas manqué de souligner.

 

 

 

  

Il figure sur les cadastres de 1811, 1842, 1877.

  • Le 18 aout 1803 (ou 30 thermidor an Onze) le citoyen propriétaire est le sieur Touaillon, celui qui acheta le moulin de Septveillesen 1838.
  • En 1861 propriétaire Monsieur Félix Deloutre fils ( ? - 1908) Meunier, le moulin comporte 4 paires de meules et 8 ouvriers.
  • En 1880, le 7 août, Obsèques de Jules Théodore Deloutre, meunier au moulin de l'Ile.
  • En 1888 M. Foucault, instituteur en parlait ainsi :

« Le moulin dit de l'Ile qui était jadis remarquable pour son mécanisme servant à scier le bois. C'est dans ce moulin que les premiers essais des tuiles mécaniques furent commencés vers 1825 : trois hommes intelligents devançant leur époque, Messieurs De Marolles, De Lespinois et Vaudot, transformèrent le moulin à farine en briqueterie (Vaudot et Cie). Les terres réfractaires dont les extractions se faisaient alors à la fontaine aux Anes, furent battues par des batteurs mécaniques et moulues aux meules ; ces terres, humectées d'eau faisaient des briques mécaniquement, qui avaient un aspect superbe, mais qui laissaient à désirer sous le rapport de la qualité, les terres manquant de liaison, le procédé de fabrication mécanique étant  à l'enfance à cette époque.

L'usine sombra à la révolution de 1830 et fut rétablie à petits sacs et exploitée par M. Babé Brutus. Mais M. Stanislas de Marolles, chercheur infatigable, qui avait mis en exploitation les tourbières de Lourps, fit reconstruire un four sur les terres dépendant du Moulin de l'Isle et l'on fabriqua de nouveau, à la façon primitive des briques et des tuiles pour les localités environnantes.

Cette usine fut ensuite reprise par M. Durand, des grands pleux, Gautier et enfin M. Lombard, un des hommes les plus intelligents de la région, qui, après avoir exploité pendant 17 ans et avoir introduit de nombreuses modifications dans les fabrications et dans les fours, fil démolir ces derniers et transporta son industrie à l'usine du moulin de Septveilles vers 1865.

Le moulin de l'Isle, après avoir été exploité par MM Babé et Deloutre, est exploité aujourd'hui par M. Mazure qui le premier pour la vallée de la Voulzie, a supprimé les meules pour faire une mouture rationnelle par des cylindres ».

 

Nota : La fontaine aux Anes : lieu dit sur le territoire de Ste Colombe

 

 

 

Des vestiges des pierres tombales de Close-Barbe se retrouvèrent dans ce moulin.  Lors de la reconstruction de l'usine vers 1950 elles disparurent.

Marcel Chandon, industriel,  fabriquait des objets en matière plastique divers au Moulin de l'Etang, près de Provins ou sa femme, Mme Chandon était employée à la poste.

La mobilisation pour la guerre surprit M. Chandon qui commençait à installer son nouvel atelier à Sainte Colombe. A son retour, il trouva enlevé tout le matériel électrique de valeur.

En 1950 : construction d'un atelier de moulage

En 1951 : construction d'un atelier de montage.

L'usine s'appelait « Ets Chandon, Rivière d'Aulnay (du nom de son épouse) « les isolants réunis », maison fondée en 1935.  Spécialisée en matières moulées pour toutes industries elle restera sur le village jusqu'en 1976.

 

 

 

 

 

Histoire des moulins : le moulin de Beaujard, moulin à farine

 

 

En 1900, ce moulin ne figure plus dans les moulins de Sainte Colombe

 

 

En 1988, l'instituteur puis maire de Sainte Colombe M. Foucault  ne fait plus mention du Moulin de Septveilles qui a brulé en 1865 et parle alors de 4 moulins sur le territoire de la commune

 

Extrait de la monographie communale (archives de Seine et Marne)

 

 

 

 

 

 

Beaujard  figure sur le cadastre en 1811, 1948, 1877 :

  • 1810 : Le moulin appartient à M. Vion
  • 1861 : Propriétaire M. Meunier Louis Prosper, ancien marchand grainetier, époux d'Aimée Vion. Locataire Mme Vignier, née Benoist. Le moulin à deux paires de meules de 1m30 et 4 ouvriers. Une sépulture est visible dans le cimetière ancien de Sainte Colombe ; On peut y lire « ici repose Denis Vignier, meunier à beaujard, décédé le 1er ...1859 dans sa 37ème année. Il fut bon époux et bon père » (almanach de Donnemarie)
  • 1862 : M. Doron, locataire du moulin
  • 1869 : Février Nicolas Auguste, meunier à Beaujard (état civil 4 juillet 1869)
  • 1879 : Benoit Louis pierre, garde moulin à Beaujard
  • 1884 : Benoit Aimé, meunier
  • 1914 : Propriétaires Rignard Adolphe Louis. A cette époque il y a une scierie et Laurent Virlois est mentionné comme scieur dans nos registres d'état civil.
  • En 1919, Guilbert Gaston, industriel à Paris transforme le moulin. Sur une carte postale ancienne du moulin, nous trouvons les inscriptions sur la façade, coté voie ferrée : Romanet et Guilbert, hydraulique de Beaujard. Le texte sur la carte postale parle de fabrication d'appareils cinématographique (la Brie du 20 novembre 1907)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Histoire des moulins : le moulin de Septveilles

 

Le moulin du « bas-Séveille » est aussi appelé Moulin Brulé (ou bruleu, bruille) selon un état des possessions des comtes de Champagne vers 1276. D'origine médiévale, il appartient au roi.

 

 

Mémoires des intendants dressés pour le duc de Bourgogne (source Gallica)

 

 

 

 

Extrait de la monographie communale de Monsieur Foucault en Décembre 1888 AD 30Z354.

 

 

  • En 1579, Claude Haton (1534 - 1610 environ), prêtre catholique, proche de la famille de Guise y fait référencedans le cadre d'un « fait divers » de l'époque retranscritet modifié quelque peu pour être plus lisible :

« Le moulin du Bas- Séveilles Ou Septveilles, appelé aussi moulin Brulé à sainte Colombe en 1579 : Claude Pigot, jeune fils tué et jeté en la rivière par son frère Jehan Picot, tous deux de la paroisse de Septveilles.

Au village de Septveilles lez Provins, fut commis un fratricide dès les derniers jours du moy de décembre de l'an dernier passé, qui fut trouvé et révélé le vingt-huictiesme jour de ce présent moys de janvier en l'an présent. Et fut le faict commis par celuy et la manière qui s'ensuit. Audit village de Sepveille, y avoit un homme nommé Jehan Pigot, jeune enfant de l'aage de quinze ans ou environ, mineur et soubz tuteurs, demeurant en la maison de sa grande mère, mais ne scè duquel consté. Or advint que le jour ou lendemain de la feste des Innocents dernier passé, il Jehan Pigot, du grand matin, alla querre son dit frère, Claude Picot, en la maison de sa mère grand, pour luy ayder à porter quelque grain qu'il vouloit porter à Provins pour payer des rentes, comme il disoit, à ceux à qui il en debvoient. Et estans eux deux partis de ladite maison du grand matin, au lieu de le mener audit Provins, le mena sus la rivière de Vousie qui passe par au-dessoubz dudit Sepveilles ; et estans contre la rive, ainsi comme l'on présupposa, luy bailla à main teignante ung coup de pierre en la teste, et après le jeta en ladite rivière ; au autrement, le jeta premièrement en la rivière et par après, de peur qu'il n'en échappât, luy jeta ledit coup de pierre sus la teste pour le faire nayer. Et n'at--on trouvé sus le pauvre innocent aultre coup que cestuy de pierre qui 'lavoit offensé en la teste. Il demoura en ladite rivière jusques à ce qu'il vint sus l'eau, et fut trouvé assez près du Moulin Bruslé. Ledit Jehan Pigot feit ce meurtre pour être son héritier et avoir seul ses biens, mais en a esté trompé. Car après que ce mal fut faict, il cognut son péché et s'absenta du pays ; et oncques depuis ne s'est présenté. Convoitise des biens de ce monde faict faire maintes meschans faictz à plusieurs hommes pour en avoir ; lesquels, par après, n'en ont aucune jouissance : ou le mal qu'ils ont faict les enchâsse hors du pays ou ils sont attint et convaincus par justice, qui leur faict perdre celuy qu'ilz pourchassoient et le leur avec, avec quelquesfois leur vie bien déshonnêtement. L'homme est heureux qui, par la grâce de Dieu, se garde faire méchanceté pour quelque occasion que ce soit.

 

  • En 1660, un bail à loyer au profit d'Antoine Trouvé, moyennant 2 muids, 8 setiers de grain et avec l'obligation d'entretenir les logis, tournants ettravaillants est mentionné dans les archives de la maison du roi.
  • En 1711 : M. Gelaguet est meunier du moulin Brulé
  • En 1781 : Pierre Brochart est meunier
  • En 1790 : Après la révolution française, le moulin sera vendu comme bien national.
  • En 1838 : M. Touaillon Louis-Etienne devient le propriétaire de ce moulin dont un descriptif est mentionné pour la vente de ce moulin (archive feuille de Provins)  

 

 

 

 

Girouette spécifique aux moulins : le moulin, l'âne et le meunier

«Un corps de bâtiment couvert en ardoises, surmonté de deux girouettes, sous lequel existent les moulins, composé de 8 paires de meules montées à l'anglaise, avec tous les accessoires nécessaires à leur exploitation ; Le moulin a son entrée au nord sur une cour, par une porte à deux battants »

Le moulin est composé d'un rez-de-chaussée et de 5 étages avec de nombreuses fenêtres et tous les étages sont planchéiés. Un autre corps de bâtiment est une maison d'habitation pour le meunier composée d'une cuisine, un fournil, une chambre servant de bureau, une chambre et au premier étage de 3 chambres et d'un autre étage servant de grenier. La maison est couverte en tuiles, possède 3 cheminées et 1 girouette.

Derrière la maison, un bâtiment couvert en paille servant de vacherie, laiterie, poulailler et un autre bâtiment couvert en ardoises, servant de remise et d'écurie.

  • En 1841 : le moulin est vendu de nouveau à Marie-Geneviève Mercier. (Source la feuille de Provins). Ce moulin approvisionnait en farine les boulangers de la région.
  • De 1860 : le meunier est Jules Signoret
  • En 1865 : un incendie va détruire intégralement ce moulin (source la feuille de Provins du 4 novembre 1865).

 

 

 

 

 

  • Dans les années suivantes, une importante usine de briqueterie, vers la scierie de M. Raby, sur l'emplacement du moulin sera construite par Monsieur Benoist Lombard (1830 - 1903).Elle fonctionnera jusqu'en 1916.
  • En 1937 : L'usine est abandonnée et à l'état de friche industrielle et en 1939 il y a démolition du hangar, de la forge, de l'écurie, du magasin à poteries et du hangar séchoir.

 

 

  • En 1972, la municipalité achète la friche et les terrains (1,40 hectare). Les bâtiments seront démolis et la cheminée de 35m de hauteur, de 3m de diamètre et pesant 250 tonnes rasée.
  • De 1973 à 1976 : naissance du lotissement de la Voulzie qui remplacera moulin et briqueterie.